21.06.2008

21 juin

La musique est la langue des émotions.
Emmanuel Kant
 
affiche_fm_2008.jpg
 

05.06.2008

Une vieille connaissance: le photographe de l'invisible

INTERVIEW DE GEORGES ROUSSE

Propos recueillis par Mathieu Menossi pour Evene.fr - Mai 2008 [extraits]

Architecture, peinture, sculpture, et finalement photographie. Georges Rousse entremêle les expressions artistiques, les articule les unes aux autres, en-dehors de tout cloisonnement. Et par ses figures, ses formes, ses couleurs, il révèle tout le dynamisme et la vitalité contenus dans des espaces que l'on croyait "morts" ou éventrés. Eternel voyageur, artiste total, il investit ces espaces à l'utilité dépassée et à l'humanité passée. Il en décortique la moindre ligne, la moindre courbe. Archéologue de l'invisible, il bouscule et transforme les perspectives pour revitaliser le vide, lui transmettre une nouvelle dynamique. Une façon de nous forcer à "voir" les choses. D'éveiller ou de réveiller une mémoire des lieux, une histoire collective, une conscience politique. Toujours dans une volonté d'apprendre et de transmettre. A l'inverse d'un art photographique qui consisterait à représenter le monde tel qu'il est, il impose ses propres conceptions des volumes, des couleurs et de lumière. Une œuvre en mouvement perpétuel, loin de toute démarche conceptuelle.

1418_2.jpgQu'est-ce qui vous a mené à tisser ces liens entre l'architecture, la peinture et la photographie ?


J'ai commencé par la photographie, à la fois pour gagner ma vie et pour essayer de développer ma propre démarche. Mes références étaient les grands maîtres américains de la photo de paysages, d'architecture. Puis j'ai souhaité intervenir sur l'espace photographique proprement dit. Non pas sur l'image mais sur la réalité directement. J'ai donc commencé à peindre des personnages sur les murs. Comme une projection de mes rêves. Et dès mes premiers clichés, j'ai senti qu'il y avait une relation forte entre l'espace et la peinture qui transparaissait à travers la photographie. Elle sublime le lieu. Elle écarte les éléments les plus désagréables. Les odeurs nauséabondes, la misère, les rats qui grouillent. On a donc un espace qui est finalement dans sa séduction la plus totale. Une séduction que l'installation tend d'ailleurs à augmenter. Ma photographie essaie donc de donner le mieux de l'architecture à un moment donné. Et tout ce qui est de l'ordre du vécu, du quotidien, de l'humain disparaît.
J'ai ensuite réalisé que c'est la combinaison de la peinture, de l'action sur l'architecture et de la photographie qui était mon véritable espace d'expression.

Comment abordez-vous chaque nouvel espace ?
Quand je découvre un lieu, il y a rapidement des lignes qui m'apparaissent évidentes et qui vont conditionner le projet que je vais réaliser. Dans ce cas-là, les éléments s'imposent à moi. Mais il m'arrive également d'appliquer à un même espace des créations différentes de façon à le faire évoluer. Ou au contraire, chercher à saisir dans quelle mesure une même installation peut agir sur une série de lieux différents. Comme une façon d'évaluer les différents rapports de forces qu'impose un espace donné. Les lieux ne m'appartiennent pas. J'en suis peut-être simplement le dernier occupant. Aujourd'hui, moderniser signifie souvent "détruire pour reconstruire". Je ne suis pas d'accord avec cette vision des choses. En sublimant ces espaces, je veux démontrer qu'il est toujours possible de les restaurer, de les transformer vers un ailleurs, de prolonger leur vie. Et plus encore, de leur redonner une autre dynamique.


 

Qu'est-ce qu'une anamorphose ? Et dans quelle mesure vous appuyez-vous sur ce procédé pour vos créations ?1418_3.jpg


 

Une anamorphose est une forme qui ne peut-être vue que d'un seul point. Je m'en sers comme d'un simple outil. L'appareil photo nous montre un point de vue unique, à partir duquel j'ai décidé d'organiser mes projets dans l'espace. Tout s'est donc mis en place à partir du regard de l'objectif. L'appareil photo est l'outil final qui me permet de dessiner dans l'espace. Et mon but est que l'observateur progresse dans l'image par un "cheminement statique". Celui du regard qui perçoit les lignes, leurs rencontres, leurs assemblages. Je ne veux pas que mon travail soit démonstratif, que l'on puisse déambuler autour de l'installation. Ma photographie fixe la situation d'un lieu à un moment donné. Elle mémorise une perspective précise. Tout s'organise de façon statique. Maintenant, notre société aime le démonstratif. On veut tout voir et tout comprendre. Les gens n'imaginent pas que je puisse passer une semaine dans un espace pour le peindre, le transformer et n'en ramener qu'une photographie. La compréhension n'est pas immédiate et on peut facilement passer à côté. Ne voir qu'un simple effet numérique, à l'opposé de ce que je voulais faire, c'est-à-dire un travail dans et sur l'espace.

1418_4.jpgAvec du recul, comment appréhendez-vous l'évolution de votre œuvre, de votre période figurative à celles des "sculptures immatérielles", en passant par la construction de vos propres sculptures ?

Pendant longtemps, mes installations se sont nourries des lieux que j'investissais. Il s'agissait pour moi d'être à l'écoute des bruits, des sensations, mais aussi de la matière, des murs, des "accidents" de l'architecture. Je scrutais chaque portion de l'espace. Et puis, j'ai réalisé que parfois le vide était trop grand et qu'il fallait le remplir. Ou à l'inverse, qu'il fallait casser pour reconstruire. Mais tout ce processus s'est mis en place peu à peu, s'amplifiant au fil de mes recherches pour occuper l'espace "autrement". Avec des transparences, des constructions spatiales de plus en plus complexes, des mots, des cartes… De cette diversité naît le mystère, faisant de chaque photographie une nouvelle expérience.

1418_5.jpg

Propos recueillis par Mathieu Menossi pour Evene.fr - Mai 2008

 

01.06.2008

70 ans et toujours la pêche!

1er juin 1938 : Et Superman fut !

C'est dans le magazine Action Comics qu'apparaissent pour la première fois les aventures de Superman. Superman, connu civilement sous le nom de Clark Kent est à la fois un journaliste timide et extraterrestre aux pouvoirs surnaturels. Il est né de l'imagination de deux amis passionnés de science-fiction, Jerry Siegel et Joe Shuster. Au début, le super-héros ne vole pas dans les airs, il peut juste bondir d'environ un kilomètre et demi. Le succès de Superman deviendra mondial à partir de 1978 grâce au film de Richard Donner, avec Christopher Reeve dans le rôle-titre.

2113446974.jpg

13.09.2007

Essayer pour adopter?

La gratuité des musées sera expérimentée au premier semestre 2008


0e000fd8eae69d7243d590176193aee5.jpgLa gratuité des musées sera expérimentée au premier semestre 2008 dans neuf musées, à Paris et en région, a annoncé la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel. Cette expérimentation, souhaitée par le président de la République, est lancée avec pour objectif d'attirer au musée des publics qui traditionnellement n'y vont pas.

Les neuf musées retenus pour l'expérimentation sont le musée d'archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye, celui de Cluny et le Musée Guimet à Paris, le Musée de la Renaissance à Ecouen, les musées Adrien-Dubouché à Limoges, Magnin à Dijon, du palais du Tau à Reims, le Musée Jacques-Cœur à Bourges et le château d'Oiron. 

Parallèlement, une expérimentation devrait avoir lieu dans quelques musées sur des gratuités ciblées, notamment la tranche d'âge 18-26 ans. Evoquant le patrimoine et ses ressources, Christine Albanel a indiqué réfléchir à une ressource pérenne qui pourrait être "un jeu de la Française des jeux à inventer". "On rêve tous au système anglais [où la Loterie finance le patrimoine]", a-t-elle insisté.

Le ministère de la culture a par ailleurs émis l'idée de "participer, au plus vite, avec nos écoles" à un enseignement de l'histoire de l'art pour les écoliers par le biais de formations dans les IUFM par exemple. Les premières conventions pourraient être signées d'ici à la fin de l'année.  Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii  !!!!


La gratuité de la culture ?

Christine Albanel a néanmoins admis qu'elle avait "peur de l'idée de gratuité de la culture". "C'est lourd de conséquences, estime-t-elle. On ne peut pas lutter contre le piratage et lier le concept de gratuité et de culture."d43ab1e7ccb848bb3640f9e7c3d7bee2.jpg

Personnellement, je ne suis pas d'accord avec le principe de gratuité de la culture. Le fait de faire payer le ticket d'entrée permet aussi  de faire respecter les lieux par le public et de lui faire prendre conscience que l'entretien et la conservation du patrimoine a un coût.

Ce qu'il faudrait, c'est réduire de manière significative le prix d'entrée. Il est évident qu'une famille de quatre personnes ne peut pas ou difficilement se permettre de dépenser 40 euros dans des tickets d'entrée au musée.

Mais 4 euros...??? 

14.07.2007

La France a son single !

14 juillet 1795

ac0b55b6aca988a15fe2205a15694209.gifLe 26 messidor an III, le député Debry émet un décret faisant de 'La Marseillaise' l'hymne national français. La chanson avait été écrite sous le titre de 'Chant de guerre pour l'armée du Rhin' dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 par Rouget de Lisle, alors officier en poste à Strasbourg. Mais lorsque Napoléon prend le pouvoir, l'hymne est interdit, tout comme lors du Second Empire. Ce n'est qu'en 1879 que 'La Marseillaise' deviendra définitivement l'hymne national. Mais elle continue de faire parler d'elle et d'inspirer les artistes : souvenez-vous du scandale créé par 'Aux armes, etc.' de Serge Gainsbourg...

08.07.2007

Les sept nouvelles merveilles du monde

Le Taj Mahal

e9a81c9fbb7794784740c5542d82c629.jpg
 
 Machu Picchu
41e5ade233852f8e3b52807aeaa0de23.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chichen Itza

cc13e90518c060869130dade2f818905.jpg
 Petra
f1e4ec1add9a9992ab0c17270e37869a.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le Christ rédempteur de Rio

411fa7eda3f0d6bece140fa7957c1422.jpg
 
Le colisée
c2b88e87f9457221ad46015643ac71a9.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Grande Muraille

da9de7185ed1a5ede859919cfc6128c4.jpg

 

21.06.2007

21 juin: Fête de la Musique

26e7b4a5c3948e3f96acaafe827d3b1f.jpgLa France est un pays qui aime la musique. 5 millions de Français ont une pratique musicale. 1 Français sur 4 va au concert au moins une fois dans l'année. 3.000 écoles de musique accueillent 800.000 élèves. Le jour de la Fête de la musique, près d'un million de Français et de Françaises chantent ou jouent d'un instrument, pour ce rendez-vous lancé dans l'Hexagone il y a 25 ans. La Fête de la musique a effectivement débuté le 21 juin 1982, jour du solstice d'été, nuit païenne se référant à l'ancienne tradition des fêtes de la Saint-Jean. Cette manifestation est aujourd'hui présente dans plus de 130 pays et 400 villes sur les 5 continents. Petite visite guidée de cette édition 2007…

03.06.2007

De l'art des commodités

Les Toilettes du Monde, un voyage inattendu au cœur des civilisations !


Pas besoin de chercher très loin pour savoir ce qui rassemble tous les hommes… Les toilettes ! Que ce soit aujourd’hui ou il y a plusieurs siècles, que ce soit à Panama ou en Chine et quelque soit la classe sociale, on trouve des WC, des latrines, des cabinets d’aisance… chez tous les hommes.  b31b729c6deef4b7277b6d3f330a18aa.jpg

Morna E Gregory et Sian James nous proposent à travers leur tour du monde des petits coins une histoire des habitudes sanitaires. Loin d’être futile, cet ouvrage ludique nous apprend de nombreuses choses sur les habitudes et la culture de nombreux pays, images et anecdotes à l’appui. Saviez-vous par exemple que les plus anciennes toilettes à chasse d’eau, découvertes dans le Palais de Cnossos, datent de 1700 av. JC.?
Une fois ce livre dévoré (peut-être aux toilettes d’ailleurs), vous ne verrez plus jamais vos petits coins de la même manière…
 
 
 
Morceaux choisis:
Ten & Chi  - Lemina Building Shinjuku - Tokyo - f08075e2f91035b2f760cf93ef45fa8d.jpg
Difficile de ne pas avoir l'envie coupée lorsqu'un étrange personnage vous scrute. Et le pire, c'est qu'il est vivant ! Alors que vous commencez ce pourquoi vous êtes venu, cette énorme tête s'avance vers vous pour vous embrasser les genoux. Drôle d'excentricité ! 
 
  
Restaurant Félix - Hôtel Peninsula de Hong-Kong - Salisbury Road - Kowloon -
En Thaïlande,588695642cc7714d601b1f122b87f5a9.jpg on ne badine pas avec les toilettes. Imaginé par Philippe Starck pour ce grand hôtel, l'emplacement de ces urinoirs offre une vue magnifique sur toute la ville. On en oublierait presque pourquoi on est là !
 
 Ile d'Incahuasi - Désert de sel d'Uyuni - Hauts plateaux boliviens - En plein milieu de ce désert 8f885ca0880f9664592a17fadb9435b3.jpgd'Amérique du Sud, trône ce WC solitaire creusé dans un tronc de cactus séché. Pour des raisons évidentes de confort, les épines ont été enlevées !

19.05.2007

"Faut être vigilent..."

...Même quand il n'y a personne!"
 
Cet article présentant le musée des Beaux-Arts de Rouen où je travaillais pendant mes vacances scolaires. Il me rappelle la fameuse phrase du chef Robert, gardien des clefs de ce lieu : "Faut être vigilent, même quand y'a personne!"
Oui, chef ! 
 
 
A Rouen, l'art de gérer un musée
LE MONDE


medium_h_3_ill_911783_beaux-arts-rouen.jpgDeux enfants traversent la salle des Géricault, l'oeil panoramique. "Tu crois que c'est l'épave ou la tempête ?", demande l'un. "L'épave", répond l'autre. "Mais non, L'Epave ou La Tempête, c'est le nom d'un tableau. La maîtresse en a parlé. Mais est-ce que c'est celui-là ?" Il s'approche du corps étendu sur la plage, fixé par le peintre. "Gagné, mon pote !"

C'est mercredi au Musée des beaux-arts de Rouen. Jour comme un autre dans un musée ordinaire. A soixante-douze heures de la Nuit des musées, on se prépare à cette ouverture exceptionnelle, samedi 19 mai, jusqu'à 23 heures, et aux visites guidées qui l'accompagneront. Pour l'heure, la maison s'occupe surtout du quotidien, à commencer par les visiteurs.

Ils viennent de partout. Des mères rouennaises avec enfants. Des retraités de la région. Un couple allemand "en voyage de noces". Un groupe d'Italiens, suivant la guide devant un portrait de Vélasquez. Dans la salle voisine, deux francs-tireurs échappés. "Je voulais voir les impressionnistes et ça fait dix minutes que je regarde ce Caravage... C'est moins dépaysant, mais qu'est-ce que c'est beau !"

Les impressionnistes, ils les trouveront plus loin, dans le vaste parcours de 60 salles de la collection permanente. S'ils tiennent la distance et si l'horaire du car vers Paris le permet, ils enchaîneront Caillebotte, Modigliani, Duchamp. "Nous avons beaucoup de chance, admet Laurent Salomé, le directeur du musée. La collection est exceptionnelle. Tout l'enjeu est de savoir ce que nous devons en faire. Et comment. Quand les musées américains entrevoient les modestes moyens dont nous disposons, ils sont sidérés : une seule personne pour la communication, la recherche de mécénat et le site Internet !"

150 000 EUROS D'ACHATS PAR AN

Les Américains, le Louvre à Abou Dhabi, le Centre Pompidou à Shanghaï... Vu d'ici, cela reste un autre monde. La veille, une toile de Mark Rothko a été adjugée à New York pour 72 millions de dollars. Ici, le budget d'acquisition est de 150 000 euros par an, auquel s'ajoute un peu de mécénat. "Cela nous oblige à être patients et imaginatifs dans les choix", sourit Christine Germain-Donnat, conservatrice chargée des arts décoratifs. Une toile de Daguerre, un Wim Delvoye et une cassette en fer ciselé du XVIIe siècle ont récemment enrichi les collections.

Etre imaginatif aussi dans la nature des expositions temporaires. En vrac, le duo d'artistes contemporains De Castro et Sonneville, les études botaniques de Moïse Jacobber (1786-1863), l'oeuvre du cousin et confident d'André Gide, Albert-Guillaume Desmarest (1848-1906)... "L'inflation du nombre d'expositions à travers le monde rend les oeuvres des artistes phares de plus en plus difficiles à emprunter", dit Laurent Salomé.

Un constat que le directeur s'applique à lui-même. En 2006, il a présenté huit expositions, dont les extraordinaires "Chefs-d'oeuvre des musées de Florence". Dans l'année, la fréquentation est passée de 87 000 à 154 000 visiteurs. "Mais c'est trop d'événements, reconnaît-il. L'an prochain, nous tenterons de nous limiter à six expos."

"Elargir le public" plutôt que doper les entrées, ouvrir l'institution : la ligne est claire. Laurent Salomé rêve ainsi de restructurer la librairie, d'ouvrir la cafétéria hors événements. Il insiste sur le "travail de fond", symbolisé par le nouvel espace Marcel-Duchamp : deux toiles du maître, une Boîte-en-valise et des disques optiques, accompagnés de documentation et d'oeuvres contemporaines autour du surréalisme, le tout dans une salle munie de fauteuils. Et d'un jeu d'échecs. Trois garçons de douze ans se le partagent. "Nos parents arrivent. On les attend ici." Bonne pioche !

12.05.2007

Eurovision: l'année de la Picardie

INTERVIEW DES FATALS PICARDS

Avec la sortie de ‘Pamplemousse mécanique’ et la lourde mission de représenter la France à l’Eurovision, 2007 est décidément l’année des Fatals Picards. C’est l’occasion de rencontrer Paul et Yvan, respectivement chanteur et... chanteur, pour qu’ils nous parlent de tout et du reste.

Ce n’est pas parce que les Fatals Picards se cachent derrière un humour dont ils ne se départent jamais qu’ils n’ont rien à dire. On s’en doutait déjà à l’écoute de leurs chansons (dont l’ode jubilatoire à Jean-Marie Messier), mais leur dernier opus, ‘Pamplemousse mécanique’, finit d’enfoncer le clou. Qu’on se le dise : les Fatals sont engagés ! Et s’ils disent préférer l’engagement sous couvert d’humour plutôt que de livrer un “message brut de décoffrage”, il n’en reste pas moins qu’entre les rires (que nous avons renoncé à retranscrire), Yvan et Paul, leaders d’un groupe qui monte (en Finlande), ont la tête sur les épaules et des idées bien senties...

A force d’écouter cet album, on vous croirait presque intelligents...

Yvan : Intelligents, il ne faut pas exagérer. Certains textes sont un peu plus sérieux. On souffre beaucoup, même pour écrire des textes plus rigolos. Ecrire des trucs drôles, c’est compliqué.

Paul : Pour bien rigoler il faut être sérieux. Et Sérieux, c’est mon deuxième prénom.

Yvan : C’est pas Simplet, ton deuxième prénom ?

Bernard Lavilliers, Messier, les Têtes raides, les chasseurs… Tout le monde en prend pour son grade ?

 
Yvan : Tout est relatif, quand on égratigne Lavilliers, ce n’est pas le chanteur, mais l’aventurier, le découvreur de l’Amérique du Sud, de la paella... Quand il s’agit des Têtes raides, on se moque autant d’eux que de nous. On se moque des chanteurs engagés.

Paul : On tape un peu partout, sur les gothiques, les joueurs de percus. On prend des photos du quotidien, sur la route… C’est très difficile de ne pas bouger, mais par contre on ne met pas de flash parce que ce n’est pas joli les photos avec flash. On aime bien l’humour, et dès qu’on se marre sur un truc et qu’on peut en faire une chanson, on la fait.


Comment se passe la phase d’écriture ?

Yvan : On écrit à trois : nous deux et Laurent, le guitariste.

Paul : On a des feuilles, on écrit, lui il tape sur un ordinateur, après on imprime, on coupe des phrases avec des ciseaux, on envoie des lettres anonymes… Ah non, ça faut pas le dire. Et si vous trouvez que les textes sont intelligents, c’est ma mère qui va être contente.


Quelles sont vos influences, les groupes qui vous portent ?

Yvan : Il faut des mecs assez costauds. Les mecs de Motorhead sont très forts, pour ça. On vient d’univers très différents, on a quelques références communes comme Coluche ou Desproges, les Robins des Bois

Paul : On se retrouve sur l’humour et nos tendances politiques, on est plutôt à gauche. Mais musicalement, chacun a son univers. Mon groupe préféré c’est les Ramones, j’aime le rock’n’roll, d’autres préfèrent la chanson, la variété, le heavy… Mais ceux-là on ne les garde pas longtemps !

Yvan : J’aime bien Dominique A, les Wampas. Quant à Laurent, il préfère les bouquins. Pourtant c’est lui qui fait toutes les blagues pourries, les jeux de mots à deux balles… Il a un paquet de mauvaises idées. On en profite qu’il ne soit pas là pour dire à vos lecteurs : si vous n’aimez pas l’une des chansons sur ‘Pamplemousse mécanique’, c’est Laurent qui l’a écrite.


Pourquoi ce titre cinématographique ?

Yvan : La référence à Spielberg, oui, nous aussi on l’avait bien notée.

Paul : Ce n’est pas vraiment voulu. On avait fait une liste : Paul Préboist et la caravane passe, la revanche du Minitel, la revanche du kamikaze récidiviste. Au final, un graphiste nous a fait des illustrations très chouettes qui sont les illustrations de l’album, et ce titre collait bien à ces visuels. Les autres références cinématographiques de l’album n’étaient pas préméditées non plus. Un jour on déconnait en écrivant ‘Seul et célibataire’, et j’ai lancé “Le mec, il se sent seul comme Dark Vador au sauna”, alors tout s’est enchaîné : “Dark Vador à la piscine”, “Dark Vador sur des skis”, “Dark Vador nounou”, “Dark Vador qui présente Intervilles”. Mais personnellement, je n’aime pas trop le cinéma. J’adore les films, mais pas les gens. Je n’aime pas être assis avec des gens que je ne connais pas, je n’aime pas être dans le noir, le son est trop fort ça me fait mal au crâne, en plus on ne peut pas fumer…

Yvan : Sinon on est super sympas, mais faut pas nous casser les pieds.


Et vous n’avez pas peur de la censure avec votre signature chez Warner ?

Yvan : Pas du tout. De toute façon l’album était enregistré avant la signature chez Warner, on a simplement ajouté quelques titres.

Paul : On doit juste ne pas critiquer les gens qui sont sur la maison de disques. Par exemple on ne peut pas dire du mal de Riké, même si son album est pourri.

Une Victoire de la musique pour Khamini, les Fatals Picards à l’Eurovision : quel est le secret de la Picardie ?

Yvan : Vous oubliez Miss France, Jean-Pierre Pernaut, Cauet… Chaque région a son année, et cette année c’est la Picardie. La Picardie, éleveur de talents !

Paul : Ce n’est pas un hasard. Nostradamus l’avait prédit : il avait dit “Quand les Sélénites approcheront la neuvième maison du Dauphin dans la constellation d’Orion, ce sera l’année de la Picardie.” La fin on n’est pas très sûr, parce que c’était en latin : “Picardium veranus demilsetum.” (Après une pause :) C’est un merveilleux concours de circonstance, on ne peut que se réjouir de toute façon.

Quel est votre objectif pour l’Eurovision ?

Yvan :Cinq points. Mieux que Virginie Pouchain, et si possible mieux que Marie Myriam… Ah non, c’est pas possible vu qu’elle a fini première.

Paul : Non, nous on va à l’Eurovision pour gagner. On représente la France, on y va le torse bombé pour que règnent à nouveau les couleurs de la France au firmament… des étoiles… euh... de l’Europe… euh... culturelle.

Yvan : On est très fiers de représenter l’équipe de France de la chanson française. On est des Zidane de la chanson. Mais on le dit à tout le monde : on ne frappera personne sauf si on nous insulte. Là on sévira.

Paul : Par rapport à cette sélection, on est autant surpris qu’honorés.

Seize chansons sur l’album, ça fait moins d’un euro le morceau… Alors comment on s’en sort à l’heure du téléchargement ?

Paul : Moi j’ai cinq chansons, Yvan en a sept, parce qu’on est les plus anciens dans le groupe. Malheureusement il y en a un qui n’en a pas. Et puis, dans le Nord, tu peux toucher l’album à 12,90 euros, ça fait encore moins d’un euro la chanson. Ils ont des sortes de coopératives, où ils fabriquent les CD sur place à la main.

Yvan : Quand tu veux acheter une baguette, tu la paies, tu peux goûter le pain sur place, et si ça te convient tu l’achètes. On aimerait que le téléchargement fonctionne un peu comme ça. Pourquoi ne pas aller sur des plateformes de téléchargement illégales pour écouter une ou deux chansons d’un artiste qu’on ne connaît pas, et payer si ça vous intéresse d’en entendre davantage. Ce n’est pas parce qu’on fait un métier cool qu’on ne doit pas être payés.

Paul : (sur un ton solennel :) Si les gens veulent tuer la musique, hé bien, qu’ils la tuent… Il faut télécharger pour découvrir ; une fois découvert, un disque, ça s’achète.

Yvan : Après, il faut voir qu’on est un groupe de scène, et que notre argent, on se le fait aussi avec les concerts. Mais la scène est également un marché qui sature, il ne faut pas croire que les salles sont systématiquement remplies. Nous on remplit parce qu’on est sur la route toute l’année et qu’on repasse souvent par les mêmes endroits.


Avec des chansons comme ‘Mon père était tellement de gauche’, ‘Au mariage de Kevin et ma soeur’, ‘Et puis merde, je vote à droite’, difficile de rester apolitique ?

Paul : On ne peut pas être fondamentalement apolitique dans la vie… ou alors il faut changer de vie.

Yvan : Oh, c’est beau ça. Mais nos messages ne sont pas forcément super clairs non plus. On est contre le message brut de décoffrage du genre : “Ne tuez pas des enfants, c’est mal.”

Paul : Certaines personnes ont trouvé la chanson ‘Au mariage de Kevin et ma soeur’ extrêmement raciste, parce qu’il ne voyaient pas le dialogue. Là, on ne peut rien y faire. Tu sais, en France il y a une sorte de détresse sociale et politique contre laquelle on ne pourra jamais lutter.


C’est de la responsabilité de l’artiste de s’engager dans ces domaines ?

Paul : Non, pas du tout. Chacun fait ce qu’il veut. Notre engagement s’arrête…

Yvan : …au bout des 80 minutes de l’album.

Paul : Là où la France s’arrête, là où il y a la mer. On ne peut pas aller plus loin, on n’a qu’un camion, on n’a pas de bateau. On s’engage par le biais de l’humour dans nos chansons, physiquement en allant jouer dans certains endroits. Mais on ne veut pas de cette étiquette de groupe engagé, on a juste une conscience politique qui s’exprime dans certains morceaux.

Yvan : Si on peut aider quelqu’un à réfléchir, c’est bien. Je me souviens d’un radio-trottoir où l’on faisait écouter à un jeune la chanson ‘Mon père était tellement de gauche’, et ce dernier déclarait “Ah ouais, c’est de la chanson française, ça donne à réfléchir, et à l’époque actuelle on n’a plus envie de réfléchir.” C’est affligeant…


Donc on ne vous voit pas aux côtés des candidats ?

Paul : On ne nous verra certainement pas aux côtés de Sarko. On ne peut pas, on a orthodontiste. Est-ce que ça aiderait vraiment les candidats si on était à leurs côtés ? Doc Gynéco avec Sarko, c’est une certaine forme d’humour, ça aussi.


Et ‘La Sécurité de l’emploi’, un hommage aux profs ?

Yvan : On fait un constat assez dur. Dans le groupe le batteur était prof, on est bien au courant de comment ça se passe, des préjugés, du regard des gens sur les profs qui ont l’impression qu’ils ne font rien. C’est désespérant, alors si on peut leur donner un coup de main avec cette chanson…

Paul : Non, c’est faux, on sait qu’il y a à peu près un million de fonctionnaires en France, alors si on se les met dans la poche, on vend presque autant que Calogero Dans cette période de crise du disque, on sait que les profs, eux, ne téléchargent pas, ils ont une conscience civique.


Si vous deviez vous lancer dans un projet culturel ?

Paul : Un deuxième parc Astérix, le parc Obélix, juste en face ! Ils seraient concurrents…

Yvan : Je suis très engagé pour la restauration de tous les bâtiments haussmanniens.

Paul : Ah non, moi je ne rejoins pas Yvan

Toutes les notes